Le test de parité sociale
Découvrez si vos candidat·es représentent réellement les habitant·es de votre commune
En mars prochain, des milliers de listes se présenteront aux élections municipales. Ce sera l’occasion d’ouvrir « un nouveau chapitre démocratique », lors duquel nous espérons une représentation politique plus à l’image de la société. Ce test permet de renseigner simplement les professions des candidat·es et génère des données sur la composition d’une liste par classe sociale, en tenant compte des positions d’éligibilité, et de comparer ces données avec la situation actuelle de votre commune (disponible en détail sur notre cartographie interactive)
Les équipes de campagne peuvent utiliser ce test avant de dévoiler leurs listes de candidat·es, pour corriger les déséquilibres sociaux et la mal-représentation, y compris en positions éligibles. Le collectif ·démocratiser la politique· se tient également à leur disposition pour les accompagner dans cette démarche, en organisant des conférences, formations, ateliers autour de notre rapport publié le 12 septembre dernier.
Chaque citoyen·ne pourra également s’emparer de ce test afin d’interpeller les listes et avant de voter (ou non). Lorsque les candidat·es et leurs professions seront dévoilé·es dans les médias locaux et via les bulletins de vote, chacun·e pourra ainsi l’utiliser et exercer un véritable contrôle citoyen sur la représentation politique dans chaque commune.
Découvrez le tuto de présentation du test ci-dessous dans le replay de notre webinaire de lancement du 16 décembre (rdv à la minute 40:55)
Grâce à cet outil et à notre cartographie de la représentation, chacun·e pourra donc faire un pas en avant pour mettre en oeuvre la parité sociale. Il ne reste plus qu’une question à laquelle répondre : les candidat·es oseront-ils la parité sociale ?
Nous publierons sur les réseaux sociaux et sur notre site les résultats de ce test afin que chacun·e puisse enfin accéder en toute transparence à ces données.
- Vous pouvez télécharger ici les données sources (Ministère de l’Intérieur) sur les listes de 2020 pour leur faire passer le test de parité sociale et les comparer aux listes de 2026.
- Vous pouvez retrouver ici la table de correspondances entre professions et classes sociales
- La méthodologie de construction des indice de représentation est disponible dans notre rapport « Tous les mêmes? »
Accédez au test, selon votre département (le temps de chargement peut être un peu long)
La Foire aux questions – notice méthodologique
Que vous soyez un·e citoyen·ne, un·e journaliste ou un·e candidat·e, cette FAQ est faite pour vous accompagner à utiliser notre test de parité sociale. Nous le mettrons à jour régulièrement. N’hésitez pas à nous écrire à ensemble [at] democratiserlapolitique.org si vous avez une question à faire ajouter à cette FAQ
A propos des catégorisations en classes sociales
Voici quelques indications utiles pour remplir le test et comprendre les classements en classes sociales.
Quelles professions sont classées dans quelles classes sociales ? Comment les définissez-vous ?
La subdivision des classes actives en « supérieures », « moyennes » et « populaires » repose sur deux approches :
- Une approche classique de la sociologie des classes sociales fondée sur les professions, mobilisant la statistique publique et les conventions établies à partir des revenus médians des catégories.
- Une définition en termes de rapports de pouvoir :
- Classes supérieures (ou « dominantes ») : disposent d’un pouvoir économique, culturel ou politique fort, leur permettant de dicter les normes sociales, professionnelles, politiques ou culturelles, y compris lorsqu’elles peuvent être précaires économiquement (ex. : artistes).
- Classes moyennes (ou « intermédiaires ») : n’ont pas cette autonomie mais participent à la construction des normes sociales ou culturelles et encadrent d’autres groupes (ex. : travail social, santé, malgré une précarisation croissante).
- Classes populaires (ou « subalternes ») : dépendent d’autres classes dans leur travail et contribuent peu à la production des normes, sauf dans certains rapports de force.
Vous pouvez en savoir plus dans l’annexe méthodologique publiée avec notre rapport « Tous les mêmes » et télécharger ici la table de correspondance simplifiée.
Certaines des candidat·es ont des professions « classes supérieures » mais sont issu·es de classes populaires et vivent encore dans leurs quartiers d’origine, comment les classer ?
Ce cas est un cas dit de « transclasses ». A l’instant t, nous considérons que ces candidat·es bénéficient d’une position sociale et professionnelle meilleure que celle de leurs familles ou voisin·es. Pour autant, les intégrer dans la catégorie « classe supérieure » les désavantage, alors que leur histoire et leurs visions du monde sont différentes. C’est pour cela que notre recommandation est de limiter la place des classes supérieures à une moyenne de 20% au niveau national (contre 14% dans la population) : cela permet d’intégrer un « seuil de tolérance » qui intègre notamment ces cas particuliers.
Certain·es candidat·es ont des professions dites « supérieures » mais des faibles revenus ou une situation précaire, par exemple des auto-entrepreneur·euses ou des responsables associatifs, ou au contraire elles n’ont pas de professions/revenus mais dépendent de revenus de leurs conjoints, comment les classer ?
En effet, cela renvoie à certaines limites d’un classement par profession. C’est pour cela que nous avons intégré des catégories particulières et « autres », pour que vous puissiez adapter votre test. Nous vous recommandons par contre très fortement d’être transparent·es à ce sujet et d’annexer à vos données la liste précises des situations et des choix que vous avez fait.
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– auto-entrepeneur·euse à faibles revenus (moins de 1700 euros par mois) – classes populaires – auto-entrepeneur·euse à moyens revenus (entre 1700 et 3100 euros par mois) – classes moyennes |
| – personne dépendante des revenus de son partenaire (de classe supérieure) |
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– personne dépendante des revenus de son partenaire (de classe moyenne) – personne dépendante des revenus de son partenaire (de classe populaire) |
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– artistes, intellectuel·les et autres professions diplômées (bac+5 et au-delà) mais précaires (classes moyennes) – sportif·ves de haut niveau (stables et bien rémunéré·es) |
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– sportif·ves de haut niveau (précaires) – autres classes supérieures – autres classes moyennes – autres classes populaires |
Qui sont les « autres » et pourquoi ne sont-ils et elles pas classé·es avec les autres ?
Les catégories « autres » sont les situations qui ne sont pas classables dans les hiérarchies professionnelles ou peu renseigné·es par la donnée publique.
Dans ces cas là, le test de parité sociale donne des indications « pour information » sur leur nombre, mais ils et elles sont exclu·es des calculs finaux, pour ne pas biaiser les données.
Concrètement, il s’agit des cas suivants :
| autre profession |
| clergé, religieux |
| ministre du culte |
| elève, étudiant |
| personne diverse sans activité professionnelle de 60 ans et plus (sauf retraité) |
| personne diverse sans activité professionnelle de moins de 60 ans (sauf retraité) |
| chômeur n’ayant jamais travaillé |
| sans profession déclarée |
Le classement par profession est-il suffisant ? Ne faut-il pas intégrer les revenus, les diplômes et le patrimoine ?
Dans l’idéal, nous aimerions beaucoup intégrer ces trois données à nos calculs. Cela poserait pourtant deux problèmes :
- La difficulté de remplir un test qui demanderaient autant d’informations pour chaque candidat·e
- L’impossibilité de comparer avec les données publiques, qui ne renseignent que les professions.
Nous avons donc choisi de conserver un classement à partir des professions, qui puisse être comparé aux données publiques existantes et qui fait consensus parmi les sociologues spécialistes des classes sociales, au sens où c’est une base suffisante pour produire des données statistiques. Nous recommandons par contre :
- Au Ministère de l’Intérieur : de recueillir plus d’informations, pour mieux qualifier les données
- Aux listes : de fournir des données complémentaires si elles le souhaitent (par exemple la médiane du patrimoine de leurs candidat·es)
A propos des difficultés politiques à aller vers la parité sociale
Calculer, ce n’est pas tout ! L’enjeu est avant tout politique et non statistique !
Comment comparer aux élections de 2020 ?
Vous pouvez télécharger ici les données sources (Ministère de l’Intérieur) sur les listes de candidat·es de 2020 et leur faire passer le test de parité sociale. Vous pouvez également consulter notre carte de la représentation pour un état des lieux sur votre commune.
Nous avons fait des efforts pour améliorer notre liste, mais nous n’avons pas assez de candidat·es, comment faire ?
La parité sociale est un combat de longue durée et comme nous l’expliquons dans notre rapport : ce n’est pas qu’une histoire de sélection de candidat·es mais de lutte contre les rapports classistes dans le champ politique. Comme pour la parité de genre, le fait de mettre en avant dès maintenant des candidat·es de classes populaires, et particulièrement en position d’éligibilité, est un pas en avant important. Cela enverra un signal pour la suite et permettra à des élu·es de classes populaires de se former et de mobiliser d’autres personnes autour d’eux et elles. Notre recommandation est donc assez simple : privilégiez le fait de les mettre en position éligible ! Notre indice de représentation (calculé en étape 4) prend en compte la position de chaque candidat·e et valorisera donc ce pas en avant.
Nous ne sommes pas arrivé·es à la parité sociale, que devons-nous communiquer ?
La parité sociale est un combat de longue durée et comme nous l’expliquons dans notre rapport : nous interpellons les listes pour qu’elles fassent un premier pas. Si vous n’avez pas atteint le score « parfait » dès maintenant, cela veut dire que des efforts sont à faire, mais que vous pouvez dès maintenant valoriser une amélioration de la situation en comparant votre conseil municipal actuel / votre liste en 2020 (le cas échéant) avec la liste présentée en mars prochain. N’hésitez pas à faire une diagnostic rapide des difficultés rencontrées, qui probablement ne dépendent pas que de vous mais de la défiance légitime vis-à-vis des élections et engagez-vous concrètement pour la suite.
Comment évaluer les listes une fois qu’elles seront déposées ?
A partir du dépôt des listes, chaque citoyen·nes pourra agir pour plus de transparence et de parité sociale, voici quelques conseils.
Comment trouver les professions des candidat·es ?
Traditionnellement, les listes communiquent sur la profession de leurs candidat·es, au moment de leur officialisation ou du dépôt des listes. A partir de ce moment-là, chaque citoyen·nes, journalistes, candidat·es, pourra utiliser notre test.
Ces données sont souvent communiquées dans la presse ou sur les sites officiels des listes. Quant à nous, nous ferons une évaluation finale après les élections, à partir des données officielles recueillies par les préfectures.
Si les listes ne rendent pas publiques les professions de leurs candidat·es, alors c’est un véritable problème démocratique et de transparence : n’hésitez pas à les interpeller publiquement !
Je veux comparer les listes de ma commune entre elles, comment faire ?
Vous pouvez bien sûr faire cette comparaison, et n’hésitez pas à nous envoyer les résultats obtenus. Attention toutefois à deux choses :
- L’extrême-droite peut faire semblant de mettre des candidat·es de classes populaires mais :
- Dès qu’elle est proche d’avoir des élu·es, elle les positionne systématiquement en positions non éligibles
- Dans tous les, la question des candidat·es n’est jamais la seule question. Regardez les programmes : celui de l’extrême droite n’est jamais fait pour les classes populaires et moyennes !
- Par rigueur et honnêteté, publiez systématiquement les données originelles, par candidat·e, pour que chacun·e puisse vérifier et critiquer si besoin. C’est un principe de rigueur scientifique auquel nous ne dérogeons jamais !